05.12.2005

Les sujets du concours de nouvelles 2006

Vous avez entre 11 et 18 ans, vous aimez écrire,
inscrivez-vous dès maintenant au Concours
"Orient : si loin, si proche"
(inscriptions jusqu'au 16 janvier 2006)


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En 2006, c'est l'Orient. L'Orient dans son immensité, du Proche à l'Extrême. Étonnants Voyageurs se passionne pour cette autre moitié du monde, qui alimente depuis des siècles les rêves, les pensées, les espoirs, les croyances, les fureurs, les terreurs, les convoitises de notre Occident. Jamais thème ne fut plus présent dans l'actualité. La guerre qui fait rage en Afghanistan, en Irak, l'ulcère israélo-palestinien qui ronge le Moyen-Orient, ce que d'aucuns veulent baptiser le Choc des Civilisations, tout cela nous ramène à des temps que nous voudrions révolus, des temps de haine et de confrontation, là où la compréhension, le dialogue et la coopération de cultures mitoyennes, complémentaires, quasi-jumelles, devraient être de mise. Mais pour nous qui voyons loin, qui privilégions la foi en l'homme et dans l'art, l'Orient dépasse ce sombre horizon. L'Orient, c'est la Turquie qui frappe à notre porte, c'est l'Inde qui émerge comme puissance littéraire sans précédent, c'est la Chine qui fait basculer le globe dans son sens et cherche à travers les errances du passé les formes d'un futur plausible. C'est le Japon qui vit déjà ce futur. Ce sont des milliards d'humains qui veulent à la fois participer à la ronde globale et sacrifier le moins possible des trésors de leurs si riches civilisations. À Lorris Murail, qui inaugurait l'année dernière avec ses incipit, ses débuts d'histoires soumis à votre sagacité, la nouvelle formule de notre concours, succède un autre écrivain de haut vol dont la plume embrasse le monde dans toutes ses dimensions. Didier Daeninckx s'est d'abord fait connaître comme auteur de romans noirs en publiant ses premiers textes dans la Série de la même couleur. On se souvient de Meurtres pour Mémoire, du Der des Ders, etc. Depuis, sa palette s'est enrichie de bien des nuances. Il a exploré l'Histoire, sondé notre passé colonial (Cannibale), écrit pour que les enfants n'oublient jamais la tragédie de la guerre (Il faut désobéir, Un violon dans la nuit). Nouvelliste accompli (Le Dernier guérillero, Cités perdues) il s'est livré avec bonheur à l'exercice des incipit… À vous, maintenant, d'enchaîner sur les débuts qu'il livre en pâture à votre imagination. Devenez Xavier, le jeune routard convié à un étrange rendez-vous dans la cité balnéaire indienne de Mahabalipuram. Escortez Aurélie dans sa redécouverte de l'horreur d'Hiroshima à travers sa rencontre avec une survivante du premier bombardement atomique de l'humanité, survenu le 6 août 1945, il y a juste 60 ans. N'hésitez pas à bousculer l'Histoire, à partir sur les pistes de la grande aventure ou, au contraire, à ramener à une vision intimiste un évènement de notre mémoire collective. L'important est d'écrire et, en écrivant, d'arpenter le monde, notre monde, si loin, si proche.
Jean-Luc Fromental
Directeur du Festival Jeunesse

DEUX INCIPIT AU CHOIX PROPOSES PAR DIDIER DAENINCKX :

Début 1
Le train s'était arrêté quelques centaines de mètres avant la gare de Mahabalipuram pour laisser passer
une file d'éléphants travailleurs. Xavier en avait profité pour récupérer son sac coincé entre une cage à
poules et un baluchon d'où s'échappait une enivrante odeur de menthe. Il avait suivi les rails chauffés par le
soleil jusqu'au réservoir où les locomotives venaient faire le plein d'eau. Il entra dans le hangar sans
fenêtres, comme on le lui avait demandé dans la lettre à la signature illisible reçue quelques jours plus tôt à
l'hôtel Majestic de Bombay. Il sentit tout de suite une présence dans l'obscurité. Un rayon de soleil se
faufila à travers deux planches disjointes, éclairant une silhouette. Xavier crut, un instant, être devant un
miroir. À part le teint cuivré de sa peau, le turban qui dissimulait ses cheveux et le revolver qu'il tenait dans
sa main, le garçon qui lui faisait face lui ressemblait trait pour trait...
L'inconnu se mit à parler d'une voix très douce, trop douce :
— Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire...

Début 2
Chikako prit un croissant dans la corbeille et en porta une pointe à sa bouche.
— Quand on a découvert les croissants, au Japon, on n'avait pas de mot pour les désigner, alors on a
essayé d'imiter celui qu'ils portaient en français...
Aurélie qui tournait la cuillère dans sa tasse de thé fumant la regarda.
— Et ça a donné quoi ?
La malice plissa le visage de la vieille femme.
— Korowassan... Pour nous, c'est des korowassans...
Aurélie se mit à rire. C'était la première fois, depuis qu'elles s'étaient rencontrées au comptoir de la
boulangerie "Ciel de Paris" d'Hiroshima que Chikako disait quelque chose de drôle. Il faisait trop chaud pour
un mois de juin, et l'orage menaçait. La grand-mère souleva machinalement son bras droit pour tirer la
manche de son kimono vers le haut. Aurélie aperçut alors les larges traces de brûlures, les marques sur la
peau. Son sourire ne fut plus qu'un souvenir. Elle ne put retenir les mots qui se bousculaient sur ses lèvres...

Commentaires

euh

Ecrit par : Simon | 02.01.2006

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